Il s’agit de vers écrits pour être éprouvés, en soi, à lire en évoquant un à un chaque mot, dans leur sens propre, au niveau de l’exprimé, du sensible, du concret, de la matérialité, (pas figuré, ni intellectuel, ni conceptuel, ni abstrait), pour que les choses, les actions,… nommées, prennent forme, vie, s’animent en soi, puis, une fois incarnées, ouvrent, ensemble, à du sens, afin de rendre le lecteur créateur de sens, comme l’exprimait Bernard Noël…
Vidéos et audios
- Vidéo de la lecture du poème Quand le désir tend vers l’infini à la Victoria Gallery le 19 juin 2014 à l’exposition de Serge Saunière
- Danse en composition instantanée par Marguerite Papazoglou et Léandre Simioni, sur Sonder le vide, le 20/09/17 à l’E.N.S.
- Vidéo de la lecture d’un extrait de Calanques au Théâtre Toursky.
- Vidéo de la lecture d’un extrait de Calanques aux ateliers d’artistes Oblik
- Vidéo de la lecture d’un extrait de Mains à la soirée Tempoésie à Dijon
- Vidéo de la rencontre « Un artiste, un chercheur » autour du livre Mains suivi de Sonder le vide, avec le philosophe Pierre Ancet et la plasticienne Christine Delbecq
- Extrait lu d’Un bruit de terre :
Extraits de Calanques aux Éditions Centrifuges, 2018 :
(à lire en intégralité en cliquant ici)
La lumière n’attend pas le sol
Pour tomber
Quand elle n’atteint pas le sol c’est que le vent l’a séparée
(…)
Ce que le vent vient bouger en moi ce n’est pas le paysage mais
Ma place
Dedans
( …)
A regarder
Le vent
L’issue trouble du temps
Le sol
Dans le corps
Se penche
(…)
Avancer dans le bruit
Des pas
Ce que le corps place à sa surface
Pour marcher
(…)
Sur le chemin les mains
Pensent
Les mains pensent la mer
Avant de la toucher
(…)
Je retire mes mains du paysage
La mer en morceaux
(…)
La mer touche ce qui vient
Se creuser
Les pas remontent jusqu’à la tête
(…)
Le pas ne s’arrête pas
A la surface
Il s’enfonce dans la tête
(…)
Le corps
Se plie
A l’intérieur
Une façon de s’arrêter
Sans tomber
(…)
Ces pas que la terre sort de mes pieds
Tiennent
Dans ma tête
/
Ce qui touche mes pieds retient
Le paysage
De tomber
(…)
L’eau déplace les chemins
Les pas défont les chemins
Le pied suit
Ce que la tête a serré jusqu’à prendre sa forme
/
Ce que les yeux ne voient pas reste
Dans les yeux
Jusqu’à l’endroit de la chute
(…)
Comment s’arrête cette chute
Quand elle ouvre
Le sol ?
(…)
Tout autour
Ce qui s’élève
C’est une autre terre
Le sol ne s’est jamais qu’ouvert
Extraits de Passage dans la monographie Poser du vivant sur l’œuvre peinte de Daniel Lacomme chez Propos2Éditions, 2017:
(à lire en intégralité en cliquant ici)
Une masse qui ne pèse pas plus que son apparition vient lester le présent
Des couches viennent habiter le regard sans peser
Ce qui se détache devient surgissement habitable
(…)
La mémoire aussi ouverte soit-elle au présent fige
Son immobilité installe la pensée dans ce qui la plie
Toute pensée reste captive de la mémoire en fond
(…)
La matière résiste au resserrement de sa présence
La matière vivante resserrée jusqu’à respirer
(…)
Toucher ce qui vient au regard faire flottement
Le regard touche ce à quoi le sens fait résistance
Jusqu’à plier toute forme de mémoire dans le regard
(…)
Lester de présence les couleurs prêtes à se remplir
Le fond leste ce qui dans la transparence souffle
Immobile volume respirant sur plusieurs couches
Ce qui flotte dans la mémoire jusqu’à se dérober
(…)
Jusqu’à trouver un corps élargi au présent
Extraits de Mains suivi de Sonder le vide aux Éditions p.i.sage intérieur, 2015 :
(à lire en intégralité en cliquant ici)
Le corps respire
Plus fort
Par la peau
(…)
C’est la peau qui se déplace
L’autre peau
Sous la peau
(…)
Tu me serres
Sans bras
Une nouvelle tête se déplie
Une cavité de plus
(…)
Tes mains dans mon corps
Tant qu’elles vibrent