Expositions et rencontre avec la plasticienne Christine Delbecq, le philosophe Pierre Ancet et la poète Myriam Eck autour de son livre Mains suivi de Sonder le vide à la Maison des Sciences de l’Homme de Dijon le jeudi 5 novembre 2015 à 18h

Jeudi 5 novembre 2015 à 18 heures : Dans le cadre du programme « Un artiste, un chercheur », à la Maison des Sciences de l’Homme (MSH) à Dijon, rencontre entre Pierre Ancet, philosophe, Myriam Eck, poète, et Christine Delbecq, plasticienne, à l’occasion de la parution chez P.i.sage intérieur du livre de poésie de Myriam Eck « Mains suivi de Sonder le vide », couverture et page intérieure de Christine Delbecq.

Vidéo de la rencontre Un artiste, un chercheur ce 5 novembre 2015 à la MSH, Pierre Ancet, Christine Delbecq et Myriam Eck

Cette rencontre sera complétée par une exposition des œuvres de Christine Delbecq du 5 au 20 novembre dans la salle du forum de la MSH, « Chambre d’échos » : « « Mains » suivi de « Sonder le Vide », de Myriam Eck, nous emporte à mots contenus dans les forces et les retombées du désir, dans ce lien qui ouvre ou limite l’espace entre deux personnes et à l’intérieur de chacun… Dans la chambre d’échos que devient la salle d’exposition je suspends Le Grand Blanc de l’attente, et le déplie / le déploie en centaines de détails pris et assemblés comme les ondes concentriques autour d’une pierre dans l’eau : au cœur de l’installation se révèlent la couleur de la chair, les plissements du drap, le fourmillement d’une rencontre… Dans la chambre des Petits Rouges, deux lignes s’élancent, s’accueillent ou se brisent en une variation infinie… »

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Du 5 au 23 novembre Interroger le vide : à l’Atheneum, campus universitaire, présentation des travaux des élèves de Christine Delbecq autour du même livre de poésie de Myriam Eck. Une cinquantaine d’enfants, adolescents et adultes ont travaillé en petites séries à partir de cinq phrases tirées du livre. Ils ont interrogé les notions éminemment plastiques de vide et de limites à travers des matériaux et des formats très divers. Sur le site de l’Atheneum

Une belle complicité entre créateurs chercheurs:
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Une belle écoute :
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Une expo en écho (de l’ordre du Jeu selon Winnicott) :
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Des travaux dignes de véritables artistes, même si encore amateurs :
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Interview intempestif par Jean-Paul Gavard-Perret

Interview intempestif par Jean-Paul Gavard-Perret sur le site Le littéraire

Une nécessaire solitude : entretien avec la poétesse Myriam Eck

Entre­tien avec l’auteure de Mains suivi de Son­der le vide

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
A un moment, ce qui m’attend hors du lit prend le pas, men­ta­le­ment, sur le bien-être que je res­sen­tais à me trou­ver dans mon lit au sor­tir des rêves.

Que sont deve­nus vos rêves d’enfant ?
Ils ont grandi avec moi puis se sont rata­ti­nés, plom­bés par trop d’idéalisme et de cli­chés. Ils ont fina­le­ment renoncé à moi, avec le sou­tien de la psychanalyse.

A quoi avez-vous renoncé ?
A répondre aux attentes des autres.

D’où venez-vous ?
Du ventre de mon histoire.

Qu’avez-vous reçu en dot ?
Une néces­saire solitude.

Qu’avez vous dû “pla­quer” pour votre tra­vail ?
D’être/de faire « comme les autres ».

Un petit plai­sir — quo­ti­dien ou non ?
J’ai plein de petits plai­sirs au quo­ti­dien, j’aime nour­rir mes sens, sim­ple­ment, sans pri­va­tion ni excès. Un truc que j’adore c’est me sen­tir deve­nir flaque au soleil, les yeux fer­més, au bord de l’eau, alors qu’il ne fait pas encore très chaud.

Qu’est-ce qui vous dis­tingue des autres écri­vains ?
Ce qui nous dis­tingue tous les uns des autres peut-être, notre sin­gu­la­rité, j’écris avec ce que je suis…

Quelle fut l’image pre­mière qui esthé­ti­que­ment vous inter­pela ?
Les illus­tra­tions du fau­visme dans mon livre d’Histoire Géo en Première.

Et votre pre­mière lec­ture ?
J’avais hor­reur de la lec­ture, trop pénible pour moi à déchif­frer, jusqu’à un poème, “Le ciel est par-dessus le toit”, de Ver­laine, pro­posé en réci­ta­tion au CM2. Là, je ne lisais plus, je chantais.

Pour­quoi votre atti­rance vers l’innommable, l’impalpable ?
Parce que c’est de ce dont je suis faite, ce qui me consti­tue, ce qui habite ma tête, c’est une lutte qui me rend vivante.

Quelles musiques écoutez-vous ?
Quand je plonge en mode repeat dans cer­taines chan­sons de Léo Ferré (Je te donne, Ton style, Love, Des mots, …) mon corps pal­pite, ma tête s’élargit, mes sens s’aiguisent…

Quel est le livre que vous aimez relire ?
Plu­tôt des livres que j’adorerais relire… Ah si, j’ai relu Dans la soli­tude des champs de coton, de Koltès.

Quel film vous fait pleu­rer ?
Un opéra, La Tosca.

Quand vous vous regar­dez dans un miroir qui voyez-vous ?
Celle que je suis par­ve­nue à faire adve­nir, et dont je prends soin.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?
La ques­tion ne s’est pas vrai­ment posée à moi dans ces termes.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
La mer…

Quels sont les artistes et écri­vains dont vous vous sen­tez le plus proche ?
Le poète dont je me sens le plus proche, c’est peut-être Ber­nard Noël, pour son rap­port au corps, à la pein­ture, et pour sa pré­sence à dis­tance. Les poètes, écri­vains, peintres, dan­seurs, musi­ciens, cir­cas­siens, … dont je me sens proche, sont sen­sibles à mes poèmes. Une famille d’artistes ?…

Qu’aimeriez-vous rece­voir pour votre anni­ver­saire ?
Une pré­sence de qua­lité ou une qua­lité de présence.

Que défendez-vous ?
Le droit, pour cha­cun, à exis­ter le plus authen­ti­que­ment pos­sible sans être jugé.

Que vous ins­pire la phrase de Lacan : “L’Amour c’est don­ner quelque chose qu’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas”?
On n’a pas trouvé mieux pour occu­per toute une vie. A part la création…

Que pensez-vous de celle de W. Allen : “La réponse est oui mais quelle était la ques­tion ?“
Une phrase que je ne dirais pas, j’ai appris com­bien il peut être vital de savoir dire non.

Quelle ques­tion ai-je oublié de vous poser ?
Ça c’est vous qui le savez…

Entre­tien réa­lisé par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 4 juillet 2015

Articles sur Mains suivi de Sonder le vide par Jean-Paul Gavard-Perret

Bords et débords de Jean-Paul Gavard-Perret sur le site le Salon littéraire

Nébuleuse de songes de Jean-Paul Gavard-Perret sur le site Le littéraire
« Que faire avec le corps, que faire avec sa tête ? Tout est une question de rapports : non seulement entre eux mais avec les autres. Ce sont eux de fait qui créent le plein ou le vide en nous. Ce qui s’y lève ou s’y creuse. La main de l’autre est au bout de sa main, dans son corps, dans notre tête. Si bien que le rapport au monde joue de variations, d’altérations, d’incomplétudes qui nous échappent. Comme le disait le poète il y a bien longtemps : « un seul être nous manque et tout est dépeuplé ».
Mais Myriam Eck le dit sans emphase, sans parler d’amour. Elle scande l’essence où les êtres se subsument en une suite de variations, d’altérations dans le motif qu’est la peau, la tête, le corps, la main, ses caresses et ses aveux. Ils font le plein et le délié. Ils sont difficiles parfois à suivre parce qu’à la lumière sombre d’un reste de lucidité se mêle le murmure de la possession ou de l’abandon. Pour le formuler, l’écriture de Myriam Eck préfère une forme d’abstraction qui laisse toute chose ou état en suspens et où la présence devient elle-même son contraire, et la forme l’informe.
Rien ne peut se ranger de manière contractuelle par l’écriture de Myriam Eck. Elle oublie ses repères, se perd dans des replis, des circonvolutions si bien qu’elle échappe à elle-même. Rassembler revient à défaire. Mais c’est ce qui rend ces deux textes si prenants. Au bord de la défaillance rien n’est figé. L’écriture s’y fait plus secrète qu’établie. Elle ne clôture rien, elle serpente dans des labyrinthes d’incertitudes. Il n’existe donc plus seulement deux seules faces et le choix entre elles. Reste la dérive. Elle n’est pas fuite : juste une continuité peu agissante. De fait, il s’agit même d’une errance à peine programmée. »

Mains suivi de Sonder le vide

Bien reçu des Editions p.i.sage intérieur, merci à Yves-Jacques Bouin, à Sophie Desseigne et à Christine Delbecq de m’avoir accompagnée jusque là…

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Mains suivi de Sonder le vide
Myriam ECK (Auteur du texte) ; Christine DELBECQ (Illustrateur)

Éditeur : p.i.sage intérieur
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Collection / Série : 3,14 g de POESIE
Prix de vente au public (TTC) : 8 €
122 pages ; 21 x 12,5 cm ; broché
ISBN 978-2-9545680-5-8
EAN 9782954568058

Lecture Rencontre Oblik-es 5 le 28 mars 2015

Un lieu unique qui donne le temps de la rencontre

« Les rencontres Oblik-es

Samedi 28 Mars 2015 à partir de 18h
Des Inactuels…
Le labo – 5
Grignotages et boissons sont bienvenus
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Lecture de Myriam Eck et Michel Mathieu vers 19h30
Avec :
Avec Patrice Bouvier, Myriam Eck, Marko Echeverria Stéphane Fromm, Rejine Halimi, Richard Laillier, Michel Mathieu, Anne Manoli, Denis Martin, Pietrantonio d’Errico, Elizabeth Prouvost, Emmanuel Rioufol, Nathalie Tacheau, Paul Vaussane