Dossier dans la revue Décharge n°180

Je tiens à remercier chaleureusement Claude Vercey pour m’avoir donné la possibilité de faire connaître mon travail poétique aux lecteurs de la revue Décharge au travers d’un entretien (que je me permets de mettre ici en ligne), d’un inédit que vous trouverez dans la revue et d’une note de lecture sur mon dernier livre Calanques lisible également sur leur site internet. Claude Vercey, à travers ses questions, m’a permis de me recentrer sur ce travail qui est essentiel pour moi, et ce partage est à mes yeux très précieux.

Anthologie La poésie française 100 ans après Apollinaire éditée par la Maison de Poésie

L’anthologie La poésie française 100 ans après Apollinaire éditée par la Maison de Poésie :

Gabrielle Althen, Françoise Ascal, Linda Maria Baros, Gilles Baudry, Claude Ber, Claudine Bohi, Marie Botturi, Yves Jacques Bouin, Marie-Anne Bruch, Valérie Canat de Chizy, Chaunes, Sylvestre Clancier, Francis Combes, Françoise Coulmin, Daniel Cuvilliez, Jean-Luc Despax, Jean-Charles Dorge, Myriam Eck, Gabriel Yoshitsune Fabre, Paul Farellier, Mireille Fargier-Caruso, Daniel Fillod, Jean-Albert Guénégan, Christine Guénanten, Denis Hamel, Jean Hautepierre, Lionel Jung-Allégret, Colette Klein, Christian Laballery, Mélanie Leblanc, Jean Le Boël, Béatrice Marchal, Jean-Luc Moreau, Cécile Oumhani, Étienne Paulin, Serge Pey, Marc-Louis Questin, Clara Regy, Tita Reut, Germain Roesz, Jean-Pierre Rousseau, Étienne Ruhaud, Marie-Henriette Ruault, Tina Schaeffer, Paul Sanda, Ariel Spiegler, Frédéric Tison, Sabine Venaruzzo, Robert Vigneau, Yekta.

Anthologie Apparaître proposée par Florence Saint-Roch sur le site Terre à ciel

Anthologie Apparaître proposée par Florence Saint-Roch sur le site Terre à ciel :

Raphaël Monticelli, Fabrice Farre, Jean-Pierre Chambon, Cécile A. Holdban, Lydia Padellec, Jacques Moulin, Odile Fix, Jacques Lèbre, Carole Mesrobian, Anny Cat, Florence Saint-Roch, Jacques Robinet, Jean-Pierre Chambon, Myriam Eck, Yves-Jacques Bouin, Charles Pennequin, Serge Ritman, Anne-Marie Soulier, Clara Regy, Patrick Le Divenah, Francoise Delorme, Cécile Oumhani, Ariane Dreyfus, Alain Freixe, Roselyne Sibille, Dominique Sorrente, Jean Palomba, Ian Monk, Marilyne Bertoncini, Jean-Francois Mathe, Hélène Sanguinetti, Christian Degoutte, Marc-Henri Arfeux, James Sacré, Jeanine Salesse, Sophie Desseigne, Sylvie Durbec, Sabine Péglion, Michèle Fink, Sylvie-E. Saliceti, Luce Guilbaud, Louis Dubost, Isabelle Alentour, Sylvie Fabre G, Claudine Bohi, Isabelle Lévesque

Note de lecture sur Calanques par Antoine Bertot sur le site de Poezibao

A lire sur le site de Poezibao

« À s’en tenir aux titres des deux recueils qui composent ce livre (Calanques et Cette bouche qui s’ouvre juste avant l’oubli), on peut être étonné : d’un côté un titre bref, désignant un paysage ; de l’autre, un titre long, plus énigmatique puisqu’il renvoie peut-être aux derniers mots, au dernier souffle, à la limite entre la mémoire et son effacement. Se suivraient un recueil tourné vers l’extérieur et un autre plus intime. Pourtant, les premiers vers de l’un (« Je marche dans ma faim // Tendue / De tous côtés // Les moments d’y renoncer comme / Repris », p.8) répondent aux derniers de l’autre (« Que la terre porte un visage dans lequel / Reprendre / La marche », p.108). La marche ouvre et clôt ainsi le livre. Menacée par l’arrêt et reprise, elle n’est cependant pas décrite ici comme un simple parcours d’un point à un autre, mais comme une saisie et un travail obstinés du paysage à travers un corps et inversement (« Marcher / Pour que ça appuie / Dedans », p.13).
Parler de fusion entre le sujet et le paysage serait, pour cette poésie tout en retenue, sans doute trop fort et naïf. Le corps du paysage et le paysage du corps se nouent pourtant dans le regard :

« À regarder
Le vent

L’issue trouble du temps

Le sol
Dans le corps
Se penche », p.26

Dès lors, la vue se propage de l’aire du visible à une aire plus ombreuse, un « paysage dedans » (p.37), se révélant à la suite des pas, sans même que l’on ait encore à marcher, ou bien d’un autre pied : « Ce pied // En moi / Relevé // À retourner les ombres » (p.36). De fait, la structure même du recueil Calanques répond à cette continuation du paysage en son absence. La première section est écrite sur le motif, à Marseille durant l’été 2008, alors que les deux autres sections sont écrites à Paris, respectivement durant l’hiver 2012-2013 et l’été et l’hiver 2014, loin de ces calanques. S’il y a travail de remémoration, « à distance » (p.51), cette poésie revient cependant à « un chemin » plus essentiel, plus profond encore : « Le tête refait le chemin / Dans le corps // Un chemin d’avant les pieds » (p.71). Dans une tension fragile, se tiennent à la fois la continuation du paysage et paradoxalement ce qui le précédait et en quelque sorte le traçait déjà, si ce n’est l’attendait pour mieux être arpenté.
Les poèmes de Myriam Eck deviennent ainsi l’espace singulier où se replacent (p.37), prennent forme (p.20 et 34), se séparent (p.40), se referment et s’ouvrent corps et paysage. Faits de légers mouvements, de saisissements autant que de chutes, ils se situeraient dans ce lieu invisible où la vue se renverse et se continue avec ce qui, en elle, insiste comme malgré elle et à sa limite, à la limite de l’oubli : « Ce que les yeux ne voient pas reste / Dans les yeux // Jusqu’à l’endroit de la chute » (p.82). Ces vers brefs cernent alors sensiblement la persistance et la perte de la vue – sa paradoxale ouverture au « proche lointain perdu » (p.8).

Antoine Bertot

Myriam Eck, Calanques, Éditions Centrifuges, avril 2018, 109p., 11€. »

Note de lecture sur Calanques par Claude Vercey sur le site de la revue Décharge

L’impression d’être « saisie » par la lecture aigüe de Claude Vercey, que je remercie infiniment, note de lecture sur mon livre Calanques, parue sur le site de la revue Décharge :

I.D n° 757 : Prendre le temps de tomber
publié le 17 juin 2018 , par Claude Vercey dans Accueil> Les I.D

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« Un livre : Mains (suivi de Sonder le vide), aux éditions P.i.sage intérieur, a suffi à Myriam Eck pour s’imposer, imposer une poésie à l’écriture d’une rare économie – bribes de phrases, voire mots isolés -, à l’instar d’un peintre qui se contenterait de quelques touches de couleur sur la toile : une retenue qui n’est peut-être que manière de contenir une sensualité qui ne demanderait qu’à s’épancher. De Mains, je garde une forte impression en mémoire, d’autant que – anecdote, signifiante cependant – l’I.D n° 586, Les Mains molles ne sont plus des mains, par lequel je rendais compte de cet ouvrage ici-même en septembre 2015, reste jusqu’à aujourd’hui l’article le plus consulté de notre site. Calanques (que complète pour quelques pages Cette bouche qui s’ouvre juste avant l’oubli) aux éditions Centrifuges, accompagné des dessins de Paul de Pignol, vient nous conforter, presque trois ans plus tard, quant à la perpétuation de la démarche de Myriam Eck vers une expression des plus épurées.

Selon les indications de l’auteure, l’écriture du livre s’est étendue de 2008 pour les 8 premières Calanques , écrites à Marseille, sur le motif en quelque sorte, à 2014 pour les suivantes (c’est-à-dire la majorité d’un total de 23), dont certaines d’entre elles constituées de plusieurs fragments et écrites à Paris, à partir du souvenir de l’expérience primitive, en déduira-t-on. Qu’ils soient dictés par l’immédiate émotion ou fruit d’un effort de remémoration, ces poèmes au titre de marines ou de paysages provençaux, ne cèdent à aucun moment au pittoresque.

Calanques V

J’ai des yeux sans repos
Le pied pâle

Si peu de main
Accrochée
Sous le soleil

A l’endroit où l’on s’arrête

La chute inscrite dans les pas

La chair tombe
Sans choisir
De crier

Juste pas vue

Les pieds n’ont pas besoin de tant de place

Si ténus qu’ils soient, et allusifs, dans les premiers poèmes quelques indices demeurent encore de l’émotion première, apparemment liée au vertige et à la chute : On ne choisit pas l’endroit où l’on s’arrête / A la limite du saut // Le regard sans pied (Calanques III). A partir d’une expérience intime, physique, les textes suivants, dans leur dépouillement expressif, nous entraînent vers un théâtre de mots, comme on parle d’un théâtre d’objets, où la poète joue d’un lexique personnel, qu’elle remue comme couleurs d’un kaléidoscope : tête, mains, pieds, yeux. On fera l’hypothèse que le couronnement de la démarche de Myriam Eck serait de pouvoir tout dire en un mot, rêve que frôlent les derniers poèmes. Calanque XXII, ci-dessous, est citée dans son intégralité :

Comment s’arrête cette chute

Quand elle ouvre
Le sol ?

Plus difficile sans doute à saisir dans la mise en page de cette chronique, qui ne reproduit pas tout le blanc qui environne les quelques mots qui font poème, l’expérience du vertige et son trouble plaisir que l’écriture des Calanques, essaie sans cesse de raviver, d’en renouveler la sensation. Et tout à fait impossible, par ailleurs, de faire sentir ici la progression, le jeu de miroir, corrections et réflexions, qui de page en page soutiennent l’intérêt de la lecture de l’ouvrage. Reste sensible cependant l’art de Myriam Eck, de se tenir en équilibre sur la pointe de l’épingle.

Prendre le temps de tomber

Un temps pour bouger
La terre
Dedans

*

Tout autour
Ce qui s’élève
C’est une autre terre

Le sol ne s’est jamais qu’ouvert

(extraits de Calanques XXIII) »

Rencontre Lectures croisées à la Librairie du Quebec dans le cadre de la Périphérie du 36e Marché de la poésie

J’ai lu des extraits de Calanques à la Librairie du Québec, à 19h00, le 4 juin, dans le cadre de la Périphérie du 36e Marché de la poésie. J’étais en compagnie de Serge Pey et de quatre poètes québécois: Sara Dignard, Carole Forget, José Acquelin et Nicolas Lauzon (30 Rue Gay-Lussac, 75005 Paris). Une très belle soirée de partage et d’écoute…